mardi 29 décembre 2009

28/12/09 - retour vers Ouaga


Timing serré ce jour, on part de bonne heure de Banfora pour remonter vers Ouaga. Il faudrait y être vers 15h pour récupérer les passeports des copains, pour pouvoir partir après vers le paus Dogon. Donc faut pas trainer, la route est longue (et pas très bonne).
On décolle, on roule bien pendant un moment, on s'arrête à Bobo pour prendre le petit déjeuner. On repart et deux heures plus tard environ... crevaison ! le pneu explosé ! (la voiture prêtée par les copains de Del, on a déjà fait réparé deux fois la roue depuis qu'on est partis. Et c'est toujours pas fini ! dingue !). Bon changement de pneu, les gens qui passent en vélo s'arrête et regardent l'évolution des choses. On repart. On fait peut-être 30km et on boum ! recrevaison ! et là plus de roue de secours ! On vide le 4x4 qui reste, on jette nos bagages au pied d'un arbre, les sièges des gamins pour charger dedans les pneus à réparer. les deux gars partent en quête d'un réparateur de pneu et nous on reste là, installés au pied de l'arbre. Les enfants jouent au cartes, on est à l'ombre et il y a de l'air, ma foi tout va bien. Mais peu à peu on a des visiteurs qui viennent s'installer autour de nous. En fait tous les gens qui passent dans le coin viennent voir, s'arrêtent, s'installe devant nous pour nous regarder. C'est complètement étrange, on a dit bonjour mais on ne comprend rien, et bientôt on est eu coeur d'une cinquantaine de personnes, des enfants pour la plupart mais aussi des adultes et des vieux. Assis face à face, sans rien dire. Deux civilisations tellement différentes que seulement regarder l'autre exister devient un spectacle ! Une situation absolument extraordinaire. Arrive un gars à vélo qui parle français. je discute un peu avec lui. Il m'explique que la vieille qui est là depuis un moment est venue nous saluer et que nous n'avons rien compris (on est vraiment des gros cons !). Alors elle s'est accroupie là et elle attend. Je lui dit bonjour. Le temps passe. On finit par parler avec quelques gamins qui vont à l'école et parlent français. On leur fait chanter les chanson qu'ils apprennent à l'école. Ils regardent nos bambins tout blancs comme de vrais extra terrestres: assis dans leur fauteuils auto, jouant aux cartes ou écoutant de la musique sur un mp3.








Au bout d'un moment la vieille qui est là parle avec une petite qui a mal au pied et défait l'espèce de pansement qu'elle a à l'orteil. Del va voir. Le doigt est plein de pue. Elle essaye de désinfecter mais c'est beaucoup trop vilain. Grâce à un garçon qui est en 5ème au collège et qui fait le traducteur, elle dit à la petite qu'il faut aller au dispensaire se faire soigner. La gamine se met à pleurer, elle a trop peur de la piqure !


Enfin le deuxième 4x4 revient. Pendant le changement de roue Del et moi embarquons la gamine, sa mère et une autre petite pour les amener au dispensaire. On arrive, je suis étonnée qu'il n'y ait personne, pas de file d'attente. Bizarre. L'infirmière regarde nos deux malades et nous dit "ben nous n'avons aucun matériel, il faut que vous alliez à la pharmacie et vous achetez du daquin, des pansements etc parce que là je ne peux rien faire". D'un coup on comprend mieux l'absence de file d'attente: si t'as pas d'argent pour acheter le matériel tu peux pas te faire soigner. On laisse de l'argent pour le traitement des deux petites.

Drôle de sentiment. On a peut-être aidé ces deux petites. Mais combien d'autres avaient besoin de nous ?... sentiment d'impuissance devant l'ampleur de cette misère. On ne peut pas rien faire mais en même temps que faire ?

Cette crevaison a finalement été une expérience très forte. Vive les inattendus de l'existence :)

On rentre à Ouaga vers 18h30. On décide de se laisser une journée de relâche et de ne partir pour le pays dogon que le 30 décembre. Bien besoin de souffler un peu !

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